12.04.24
- Vincent Francey

Tout est prêt pour l’opération crâne d’œuf. J’ai sorti la mousse, la lame, la lavette et le savon. J’ai bien programmé le robinet sur eau chaude, même s’il faut attendre un peu avant de passer le rasoir sous l’eau parce que ça ne se fait pas de se raser à froid, surtout quand c’est la tête qu’on rase et encore plus quand on vient de changer la lame et qu’on risque de pisser le sang au moindre faux mouvement. Je retiens mon souffle. La lavette restera-t-elle de cette couleur sans nom entre le vert, le bleu et le gris ou deviendra-t-elle rouge sang ? Y aura-t-il coulant le long de mon cou un filet écarlate qui me donnera l’impression de m’être tranché la gorge ? Faut-il que je sorte de l’armoire à pharmacie les sparadraps au cas où ou faut-il que j’y aille au talent, sûr de me retrouver dans quelques minutes avec un crâne aussi lisse qu’un cul de bébé ? J’ai certes l’habitude de procéder à cette opération mais c’est justement quand on croit tout maîtriser d’une technique complexe qu’on perd sa concentration et qu’on se vautre dans l’à-peu-près. Le problème, c’est que l’à-peu-près, dans ce cas, peut tourner en un coup de rasoir à la catastrophe, presque à l’hécatombe.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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