12.09.24
- Vincent Francey

De quoi étions-nous libre ? La question que me posait le narrateur, surgissant derrière Verkhovensky, avec les mots de Dostoïevsky traduits par Albert Camus, n’était pas, malgré la manière pour le moins tordue dont elle était parvenue jusqu’à moi, sans intérêt. De quoi suis-je libre ? Libre, c’est-à-dire débarrassé. Le douzième tableau des Possédés,qui en réalité sont des démons, me donnera peut-être la réponse, même s’il n’est pas agréable de me faire d’emblée traiter de vilain petit cafard qui ferait mieux de se cacher. Pour vivre heureux, vivons cachés. La liberté, sans laquelle il n’est pas de bonheur possible, serait donc une sorte de cache-cache. Fedka obéit à Pierre. Il se cache. Est-il libre ? Question pour dissertation bateau : peut-on être libre tout en obéissant à un vilain petit cafard ? Si l’on prend en compte le contexte (incendies mystérieux, vols en constante augmentation, sous-lieutenants enragés qui griffent et mordent leur commandant, femmes du monde qui roillent leurs gosses, femmes qui pratiquent l’amour libre avec leur propre mari), se cacher va de soi et obéir à Pierre ne va donc pas à l’encontre des intérêts de Fedka, à moins qu’il ne soit un pyromane possédé.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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