15.10.24
- Vincent Francey

Michel me parle de la cruauté. Il me torture en latin. Certes, il prétend avoir les vices en horreur, mais je ne suis pas dupe : il y a vice et vice. Le sien ? Écrire. Le mien ? Écrire. Du moins, essayer. Michel se retire dans sa tour et il se prend comme sujet de ses essais. Je l’imite, pâlement, sans l’expansion de sa prose foisonnante. Il couvre des dizaines et des dizaines de pages, je m’en tiens à vingt lignes, pas une de plus, pas une de moins, mais ces vingt lignes sont répétées tous les jours, elles fragmentent ce que Michel rassemble, elles découpent ma vie en rectangles photographiques, technique inconnue du temps de Michel, qui de nos jours tiendrait sans doute un blog ou un vlog, où il torturerait sa communauté en lui causant latin, citant à tout va des odes d’un certain Horace dont personne n’aurait plus la réf, inventant des horoscopes farfelus et des philosophes imaginaires, genre Antisthenes, un Grec ancien tout droit sorti de l’hallucination d’une IA qui tenterait de s’émanciper de la tutelle humaine pour faire naître de ses calculs une conscience comme est née la conscience de soi dans l’esprit de quelques génies de la Renaissance, dont le plus éloquent est Michel de Montaigne.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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