16.12.24
- Vincent Francey

Finalement, je ne me suis pas levé, la plante n’a pas poussé et l’heure du four reste illisible et aléatoire. Ai-je dormi ? Sans doute un peu. Ai-je lu ? Je ne m’en souviens pas. Quelques pages déjà oubliées. Ai-je pensé ? À peine. Je suis resté là et une nuit et un jour ont passé et repasseront un jour, une nuit, un autre jour, une autre nuit, jusqu’à ce que je me lève, si j’y arrive encore, parce qu’à force de rester couché sur le canapé les muscles s’encrassent et le squelette se colle aux coussins. Si ça continue comme ça, je serai bientôt moi-même canapé, la plante verte occupera tout l’espace, le four explosera et le bébé sur le mur sera grand-père. Il viendra de temps en temps dans la maison hantée de l’oncle pour voir la chose. On lui a raconté que c’était vivant mais il a de la peine à y croire. C’étaient des histoires de ses parents pour lui faire peur. Sa maman disait qu’à l’époque elle avait un frère qui vivait là, un original qui se prétendait vaguement écrivain mais qui en réalité passait sa vie à glandouiller. Un jour, il avait décidé, selon la légende familiale, de ne pas. C’est ce qu’il avait dit : je préfère ne pas. Il avait lu ça dans un livre et ç’avait été une révélation. Il s’était couché et ne s’était jamais relevé.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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