17.03.24
- Vincent Francey

Je repasse. Des voix parlent dans le cylindre noir. Je les écoute en repassant pour commencer les t-shirts puis les pulls. Je repasse alors que d’aucuns affirment que c’est inutile, que si un vêtement est bien séché il ne fait pas de pli, mais je repasse, parce que des plis il y en a toujours, même après le repassage il en reste et les plis sont les ennemis des habits. Je devrais cesser de repasser pour jouer de la guitare parce que les guitaristes n’ont jamais des vêtements bien repassés, ils s’habillent n’importe comment, leur séduction n’étant due qu’à leur talent musical. Mes doigts se refusent à ce talent, du moins quand il cherchent à s’agiter sur une guitare. Je tente de temps en temps une approche, crie au supplice très vite, n’arrive pas à faire sonner les accords barrés. Repasser est plus facile : il suffit d’enlever tous les plis, de verser de l’eau dans le fer quand il est vide et d’aller remonter le stotz si le courant vient à manquer. Les voix dans le cylindre peuvent parler de ce qu’elles veulent, je peux continuer mon repassage. Elles philosophent ? Mes pantalons prendront des plis kantiens ou cartésiens. Elles poétisent ? Je porterai demain un joli ensemble baudelairien.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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