17.11.24
- Vincent Francey

François triture une vieille Pléiade devant des paysages artificiels. Qui lit-il ? Je parie sur Henri Michaux puis hésite. Il s’agit peut-être de Nathalie Sarraute. Quant au micro, il saura mieux qui moi en parler, mais le propre des photographies étant de se taire, je vais plutôt lire avec lui Henri Michaux ou Nathalie Sarraute, à moins qu’il ne s’agisse de Saint-John Perse. Tous trois (Michaux de manière incomplète) m’attendent dans mon dos pour que je les traverse ou y cueille à la sauvette quelque rose ou quelque réséda, même si Louis Aragon manque à ma collection. — C’était si inattendu venant de lui… De qui parle-t-elle ? — De lui qui aurait pu être un de ceux qui nous font contempler leur main étalée sur la table… On ne sait jamais jamais de qui elle parle. Ça parle. Elle, c’est Nathalie Sarraute, bien sûr. Cela s’appelle Tu ne m’aimes pas. Que lui répond Henri Michaux ? Glas ! Glas ! Glas sur vous tous, néant sur les vivants ! En effet, il ne l’aime pas. La nuit remue. François lit. J’écoute. Je grappille : Indicible, ô promesse ! Vers toi la fièvre et le tourment ! Alexis Leger est bien amer. Lui non plus, elle ne l’aime pas. Et Louis Aragon ? Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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