Blog suisse de littérature

19.04.24

  • Vincent Francey

J’avais acheté trois livres. Trois femmes les avaient écrits. J’en ai lu deux. Il aura fallu qu’Anna Jouy disparaisse, que son corps soit devenu ombre, pour que cette bouche de papier s’ouvre et qu’elle me raconte ses pseudonymes, ce visage de laide devenue belle sans que personne ne s’en aperçoive, ces gens dont elle inventait la vie en les observant manger, peut-être même simplement en les reniflant, suivant à la lettre cet appel que Ryoko Sekiguchi lance après avoir perdu l’odorat. J’ai lu ces deux livres avec le corps, le nez, le visage, le ventre. Le troisième livre, je le lirai, me dis-je, comme de tous les livres qui m’attendent. Mais Salomé Saqué est encore jeune, elle peut attendre, elle peut se laisser pousser les cheveux encore quelques années avant que je lise son bouquin, mais il est hors de question qu’elle se taise, sous prétexte que des plus vieux qu’elle seraient plus sages alors qu’à l’entendre causer sur Blast et à entendre ailleurs brailler les grabataires qui dirigent le monde vers sa chute, on relativise l’impact de l’âge sur la santé mentale pour en revenir à Brassens, le temps ne fait à rien à l’affaire, sauf pour nous rattraper comme il a rattrapé la poétesse aux mille prénoms.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.