Blog suisse de littérature

23.11.24

  • Vincent Francey

La langue de Molière est une langue étrangère. Il faut que je me mette cela dans la tête au moment de préparer mon cours sur Les Précieuses ridicules, que j’illustre, allez savoir pourquoi, par une gravure tirée de Monsieur de Pourceaugnac. La langue de Molière est donc une langue étrangère, comme le prouvent ces envahissantes notes de bas de page sans lesquelles les récriminations, pour employer un mot qui nécessitera sans doute aussi des éclaircissements, de Cathos et Madelon demeureraient parfaitement obscures à mes pauvres élèves, qui doivent sans doute considérer Jean-Baptiste Poquelin comme un spécialiste de la torture du cerveau, et qui, à l’instar de Gorgibus pourraient s’exclamer : je ne puis rien comprendre à ce baragouin. Quoique. Je ne puis, c’est quoi ce truc, monsieur ? et baragouin, on n’a jamais entendu ça, vous êtes sûr que c’est du français ? Que répondre, du haut de ma préciosité de prof de littérature, à ces ignorants (ignorantus, ignoranta, ignorantum, aurait ajouté Toinette dans Le malade imaginaire) ? Mon Dieu, que vous êtes vulgaire ! serait une saine réaction mais je crains d’être une fois de plus incompris.


Post précédent22.11.24Post suivant24.11.24

Comments and Responses

×

Name is required!

Enter valid name

Valid email is required!

Enter valid email address

Comment is required!

* These fields are required.

Be the First to Comment

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.