24.02.24
- Vincent Francey

Je lis les lombrics, les sauterelles, les jambes des femmes. J’ai envie moi aussi de me mettre à chanter et que des robes me frôlent, mais je ne suis pas ce fou-là, je ne suis pas prêt pour brouter la luzerne, je ne suis qu’un lecteur éberlué par ce tohu-bohu de prose, ces glapissements d’or, cette féroce douceur du Fou de Paris, puisque je crois le reconnaître quelque part dans je ne sais quel arrondissement, au bord du Canal Saint-Martin ou de la Bièvre, dans un square parisien devenu par le miracle des mots jardin d’Eden pour maniaques et tendres obsédés inoffensifs parce que même dans le printemps de leur folie la timidité les retient, nous retient, nous les fous qui savons rester modestes, qui ne nous vantons pas de nos délires, qui ne cherchons pas à les exposer à la face du monde, nous les poètes, le mot est lâché, il explose à la face des sérieux, il leur provoque des coliques, des ulcères, des torticolis haineux, alors que nous avons juste essayé un peu, certes avec maladresse, de profiter de la vie, et si vous avez cru voir des doubles sens sous l’or des boutons et dans la source que nous lapons, je connais rue de Lappe une psychanalyste qui saura vous décoincer l’amour.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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