24.05.24
- Vincent Francey

La jeune fille, les poules, le gamin, cette paroi de ferme qui ressemble à celle de devant ou de derrière la grange, je l’ai toujours vue dans la cuisine des grands-parents. Le grand-père brassait son café au lait avec une cuillère à soupe, la grand-mère commentait les gros titres de La Liberté sans lire les articles et la jeune fille donnait à manger aux poules. Il y avait aussi, derrière les grands-parents, l’écrivain public. Qu’écrivait-il ? Je l’ignore. Il taillait sa plume et empilait les papiers. Où est-il aujourd’hui, l’écrivain public ? Je le cherche de l’autre côté de la fenêtre, devant le hangar, mais ce que j’y revois, c’est le grand-père appuyé sur sa canne, la grand-mère qui lave la brouette et deux poules blanches échappées du poulailler voisin. Et le gamin que j’étais en ce temps-là, assis sur le banc devant la maison, qu’est-il devenu ? Il a désormais un peu moins peur des poules et des jeunes filles, même si ces bêtes-là (les poules, pas les jeunes filles), qu’est-ce qu’elles lui paraissent stupides et bornées ! Il s'assied encore parfois sur le banc devant la maison, repeint chaque année en vert par la grand-mère. D’autres le rejoignent et l’on décapsule une bière ou deux en mémoire des anciens.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment