25.07.24
- Vincent Francey

Paysage idyllique : champ de roses, gazon tondu au millimètre, jardin verdoyant, poules qui picorent, nuages en formes de rêves, fraîcheur de l’eau. Pourtant, un drame a lieu sous mes yeux effarés. Un poisson se noie sur les planches. Pour un poisson, se noyer, c’est le contraire que pour nous. C’est pourquoi mes yeux, avouons-le, ne sont pas si effarés que cela. Je n’arrive pas à imaginer ce que cela peut signifier pour un poisson de manquer d’eau. Il s’agit certes d’un poisson en plastique doté d’un crochet pour que les enfants, dont la cruauté est sans bornes, puissent plus facilement le pêcher et le lancer sur la plage pour l’y abandonner à son triste de sort de jouet, car les jouets subissent en première ligne les caprices des mioches et se retrouvent très vite, après avoir été tripotés ou fracassés avec frénésie, jetés dans un coin, oubliés de tous, parce qu’on a autre chose à faire que de s’appitoyer sur le sort d’un poisson en plastique produit en série dans une usine chinoise où des enfants produisent pour d’autres enfants des jouets qu’ils ne pourront jamais cajoler eux-mêmes, parce que, dit-on aux moutards pour qu’ils rangent les jouets, eux, ils connaissent la valeur des choses.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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