26.06.24
- Vincent Francey

Je tente un accord. Les catelles ne tremblent pas. C’est juste. Les doigts appuient sur les bonnes cordes avec assez de force pour non seulement souffrir mais aussi jouir de la joie de m’accompagner dans quelque chanson pas trop difficile, sans barrés et sans spécialités, un truc tout simple à fredonner en grattant sans prétention ma guitare. Je rêve de feu de camp et de plage mais pour l’instant il est plus sage de ne jouer que pour ma table et mon carrelage, dont l’insensibilité me permet de ne pas trop avoir honte de mes hésitations et de mes fautes. L’apprentissage de la guitare n’est pas de tout repos. Je m’y accroche, même si ça doit rester secret. Le problème, avec la musique, c’est que le secret s’évente. Il y a toujours un voisin à l’oreille affûtée ou une voisine mélomane qui entendra à travers les murs et demandera à quand un concert. Je ne réponds pas, je temporise, peut-être un jour, peut-être pas, pour l’instant je ne suis pas encore très à l’aise et j’ai beau tenir fermement le manche de l’instrument, je crois que je ne serai jamais assez à l’aise, ce qui me déprime, parce que la guitare n’est pas un instrument à jouer seul dans son salon les fenêtres fermées.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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