30.12.24
- Vincent Francey

Les enfants du veau d’or sont flexibles. Leurs horaires kafkaïens le prouvent. Mais qu’est-ce qu’un horaire kafkaïen ? Je pourrais suivre le raisonnement du proviseur de Coulon mais la page deux-cent-quarante-et-une, même la tête penchée, je ne parviens pas à la déchiffrer. Franz Kafka écrivait la nuit, crois-je me souvenir. Il bossait dans un bureau, faisait de la paperasse pour son papa avec qui il avait quelques différends, puis il passait sa nuit à noircir du papier, commençant mille récits qu’il terminait rarement. Parfois, saisi par l’écriture, il ne dormait pas de la nuit. Les élèves du recteur de Coulon (il est monté en grade) ne dorment pas de la nuit, ce qui n’est pas l’idéal pour leurs études. Je n’ai pas été l’élève de monsieur de Coulon, qui enseignait la philosophie au Collège Saint-Michel, mais de mon temps, chez la concurrence, à l’autre bout de la ville, mon horaire n’était pas kafkaïen. Je n’écrivais pas encore, du moins pas la nuit, qui n’a jamais été mon heure d’inspiration. Mon horaire était-il flexible ? Je ne sais plus. J’arrivais le matin au collège. Parfois je courbais la physique ou la gym, puis je m’ennuyais.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment