Blog suisse de littérature

4 octobre 2015

  • Vincent Francey

Dans les cartons, l’expression est fausse. Sur les cartons serait plus juste, tant il faut camber. Ranger ? Bien sûr. Procrastiner. Déjà deux bibliothèques sont remplies. Romans et poésie. Le reste devra trouver sa case. Peut-être. Le désordre ne doit pas disparaître. C’est l’encombrement qu’il faut supprimer. L’encombrement, aujourd’hui, c’est Morat-Fribourg. La société entière semble prise de courante. Je viens de caquer et je suis rassuré : pas chopé la pandémie. Je rangerai lentement mon appartement, parce qu’il faut réapprendre la lenteur. Hier, dans le numéro deux des Vêpres de Rachmaninov, on n’arrivait pas à sentir le tempo presque arrêté que nous donnait Pascal. Il fallait faire naître en nous un calme auquel nous ne sommes plus habitués. L’exercice est salutaire. On ne court pas les Vêpres de Rachmaninov, on les extrait de son âme profonde avec minutie, intensité et tranquilité. Retrouver la tranquilité intense, voilà peut-être la tâche la plus urgente (même si l’urgence est un paradoxe) de notre monde qui ne se sent plus pisser tellement il coule de partout.

Texte écrit dans les cartons d'un déménagement en écoutant les Vêpres de Sergeï Rachmaninov.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.