4.07.24
- Vincent Francey

Certains objets sont glaçants. Cet enrouleur de fil barbelé, ces décorations de Noël, on aimerait fermer les yeux, faire comme si tout autour d’eux il n’y avait pas eu Natzweller-Struthof et Rathenow. Mais il sont là, ils existent, ils sont les témoins de l’ignominie. Je lis ces noms avec terreur : Auschwitz-Birkenau, Krematorium III. C’est reparti pour un tour, semble-t-il. Dans quelques années, d’autres lecteurs, d’autres visiteurs de musées regarderont d’autres objets ou les mêmes mais d’aujourd’hui et seront tout aussi horrifiés que moi devant ceux-ci. Ne pas oublier, disent-ils, puis ils passent à autre chose, ne voient pas que ce qui se passe ressemble à ce qui se passait, ne comprennent pas que les mêmes mots reviennent avec les mêmes conséquences. Comment s’appelleront les camps qui terroriseront nos descendants ? Quels seront les objets qui leur feront dire jamais plus ? Nous sommes imaginatifs. Tout peut est détourné et devenir instrument de torture. Ce fil de fer barbelé, est-ce que ce ne serait pas le même sur le front du Christ et sur les murs des prisons ? Je ne sais pas quelles abominations l’avenir nous prépare mais j’essaierai de ne pas détourner les yeux.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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