4.12.24
- Vincent Francey

Les livres parlent entre eux. Ils sautent de l’étagère sur la chaise haute, boivent une gorgée de thé pour s’éclaircir la voix, s’approchent du micro et se lancent dans d’interminables sagas ou dans de secs aphorismes. Les Pléiades se la pètent. Ils exhibent leurs notes de bas de page avec une impudeur qui choque les modestes livres de poche. J’écoute tout ce petit monde faire son laïus puis les aide à retrouver leur place dans la rangée. Les plus fragiles sont les poètes. Ils se démontent à la moindre émotion, surtout s’ils appartiennent à cette collection de chez Gallimard qui semble faite pour que les pages se décollent, à l’instar de mon Mallarmé qui s’abolit et de mon Pétrarque que la mort de Laure éparpille. D’autres, c’est leur couverture qu’un intérieur corrosif ronge : la correspondance de Flaubert regorge trop d’ironie désespérée pour que le papier n’en souffre pas. Quelques forces de la nature semblent inamovibles, même si la tentation de les relire ne cesse jamais. Ces deux tomes bleus, même s’ils portent le nom de Misérables, n’ont pas vieilli depuis le temps où, du haut de mes quatorze ans, je pleurais dans mon lit la mort de Jean Valjean et riais à celle si belle du bon Gavroche.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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