6.12.24
- Vincent Francey

Le lampadaire éclaire les balles rondes bien alignées devant la haie du voisin. La nuit de décembre commence à être envahie de lumières artificielles. La route des Arbognes se transforme en Las Vegas. Ça clignote, ça éblouit, ça aveugle, ça exaspère, mais la nuit fait peur. J’ai moi aussi peur de la nuit, mais Globule n’est éclatante que de jour. La nuit, j’allume bien sûr ses deux phares ronds, mais c’est tout, elle reste sobre, ne gaspille pas sa précieuse électricité, choisit l’ombre. Une lueur rose à la fenêtre de l’immeuble, qu’est-ce que c’est ? La salle de bain d’une princesse ? L’abattoir d’une truie et de ses petits, bien rosés comme sur mon dessin d’enfant ? Je préfère l’ignorer. La nuit, c’est l’ignorance, le mystère, l’indécision, sauf que nous voulons tout maîtriser, effacer tout doute, aller de l’avant, toujours aller de l’avant, foncer. Il faut, disent-ils, avancer. Il faut, ajoutent-ils, percer la nuit des tergiversations pour agir. Mais ils ne disent vers où avancer, agir pour faire quoi, foncer dans quel mur. Je n’ai décoré ma maison d’aucun bonhomme de neige qui grimpe la façade, d’aucun Père Noël, d’aucun traineau, je l’ai laissée noire dans la nuit noire. Elle ne s’éclairera que de l’intérieur.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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