Carnet juin 2024
- Vincent Francey
30.06.24
Malade, trainant, journée au lit, écrire ? Déjà je fatigue.
28.06.24
Un corbeau sur le hangar. Annonciateur de malheurs (le monde gangréné par les hommes).
26.05.24
On a paumé la réalité comme on paume ses clés.
25.06.24
Osciller entre fatigue des humains et désir d'iceux (d'icelles surtout).
24.06.24
Décalage : paradoxe : les vacances, on devrait se réjouir mais on angoisse, on se sent seul. L'été, peur que ça ressemble à une traversée du désert.
23.06.24
Trois chansons (massacrées) :
- Santiano (l'enfant, la grange, l'Amérique)
- Le gorille ("Le juge pensait impassible / Qu'on me prenne pour une guenon / C'est complètement impossible / La suite lui prouva que non") (ces rimes, impassible - impossible et surtout guenon - que non, quel génie !)
- Dans mon H.L.M. (ils sont de plus en plus à se recréer l'Indochine dans leurs petites vies de peigne-culs)
22.06.24
Ces journées qu'on passe seul, avec des tas : de linge, de livres, de vide (à nouveau terminer par le mot vide).
Le remplir, ce vide, mais sentir qu'il n'y a rien à faire, le vide reste vide.
21.06.24
Été : soudain l'angoisse. Soudain tout s'arrête et on est seul (cela n'arrivait pas jadis mais avec le temps la solitude - relative - du célibataire tourne à la panique). Juillet : l'agenda est vide.
19.06.24
Sur la terrasse, lire Flaubert (la correspondance) en écoutant de vieux chants de Noël. Exacerber les contrastes.
Piscine (penser à Kafka qui le jour de la guerre avait piscine) (kafkaïen, notre monde ? sans la poésie).
18.06.24
Appel du 18 juin : l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie (qu'en reste-t-il ?).
17.06.24
Le silence des réseaux quand tu crains la solitude (bouée à la mer lancée, tu sais à qui, elles (souvent c'est elles, quand ce n'est pas elle) ne voient rien ou feignent de rien voir).
16.06.24
L'été ? On dirait. Alors que partout les nuages s'ammoncèlent (l'état du monde, je veux dire, mais profitons de l'été).
15.06.24
Il y a match, paraît-il ; Suisse-Hongrie. Fan zone ? Je ne reconnais de Zone que bergère ô Tour Eiffel, le troupeau ce sont ces hordes nationalistes (Orban, Rösti, Bardella, Meloni, Trump, Xi, Poutine, Netanyahou, j'en passe) qui vibrent pour des drapeaux, des nations (non à la notion de nation, cause de tous les génocides), des divestissements qui empêchent de voir qu'il est plus que temps de penser-monde (mais il n'y en a plus guère et de monde non plus) (penser-immonde).
13.06.24
Divine surprise du soleil et du (relativement) chaud (puisque tout le monde semble avoir oublié le réchauffement climatique).
L'amour du Beau m'a conservé, comme le vinaigre fait aux cornichons. (Gustave Flaubert, lettre à la Princesse Mathilde, mars 1879).
10.06.24
Nécessité de retrouver le sens du tragique (parce que tout finit mal, en général, pas seulement les histoires d'amour).
8.06.24
Tu as tant bossé cette semaine que tu continues, la nuit, en rêve et en insomnie.
7.06.24
Écrire est-il un sport ? (un quart d'heure de corde à sauter, dix-sept minutes de prose, un kilomètre de natation, une chanson) (les filles de la piscine).
6.06.24
Presque fini (je suis ; l'année scolaire ; la journée).
4.06.24
"Y'a quelque chose dans l'air." L'épisode s'achève ainsi. Et moi, alors qu'elle essaie de le poignarder : "Y'a d'la rumba dans l'air..." (je ne le suivrai pas dans cette galère).
1.06.24
Décidément, non, le bruit du monde, il faut le fuir (Trump condamné qui en vingt-quatre heures lève des sommes colossales, les Etats-Unis au bord de l'abîme, hésitant entre le fascisme et la guerre civile pendant qu'on s'étripe à propos de chanteurs non-binaires et de soupes balancées sur des tableaux, avec Poutine qui compte les points : il veut abattre la démocratie occidentale, mais elle n'a pas besoin de lui, elle se saborde toute seule pendant qu'on discute du sexe des anges).
2.06.24
Les algorithmes sont des gommeurs d'originalité. Je choisis une compositrice contemporaine inconnue, découvre une oeuvre qui sort des sentiers battus, YouTube Music enchaîne sur l'Ave Maria de Schubert, le Requiem de Mozart, les quatre saisons de Vivaldi par un gamin chinois, petit prodige produit à la chaîne à qui l'on a gâché la vie.
Écrire, dessiner, peindre gentil, histoire d'éviter les cris d'orfraie ; jouer dos au public face à l'évêque, parce que ça se fait, que Monseigneur Tartempion à lui seul a plus de valeur que toutes ses ouailles réunies (ce mot ouailles, impossible de ne pas l'associer au mot volaille).
Écrire après corriger : ce vide d'avoir lu de la langue estropiée et des idées décousues (ou le contraire : langue décousue et idées estropiées) (de toute façon, quand la langue est bancale, les idées le sont aussi).
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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