Carnet mai 2024
- Vincent Francey
30.05.24
Effondrement du monde ? Fête-Dieu ? (Dieu, effondré avant le monde) (Fête-Monde, à inventer ; dernier barroud d'honneur).
29.05.24
Tu lis des horreurs sur les jeunes hommes d'aujourd'hui (qu'ils baptisent stupidement génération Z), de plus en plus machos, adeptes de valeurs pseudo-masculines, considérant (30%!) qu'il faut être violent pour être respecté et que les femmes c'est à la cuisine et autres désespérantes conneries, tu hésites à changer de sexe, puis tu lis sous la plume d'un jeune homme : "Matérialisation de l'âme ou encore exploration du monde, la poésie est cet art subtil entre le réel et l'irréel, le profane et le sacré, qui a su traverser les époques." (tout n''est pas perdu)
Désespoir du correcteur : le tas ne baisse jamais assez vite (et ce qu'il reste dans le tas risque d'être encore pire que ce qu'on a déjà corrigé).
28.05.24
Perles d'examens :
- les barrages et leurs bassins de rédemptions.
- Nerval déconstruit : "L'avide curée qui se faisait alors des positions et des honneurs" devenant "un prêtre qui a refuser de les marier".
- "La prise de conscience est une étape longue et difficile, tout comme la lecture de cette dissertation." (en effet)
27.05.24
La tronche des monteurs de pneus face à Globule, enfin en mode été (en attendant que le temps s'y mette aussi). Ils lui tournent autour, sourire au coin des lèvres, comme devant une femme dont on se demande si... Certains jouent les indifférents, les dédaigneux, mais ils s'agenouillent pour la soulever. Un cric et un crac, la voilà caoutchouctée à neuf.
26.05.24
La dame de la piscine s'étonne. Je nage sans combi (c'est le mot qu'elle dit) dans une eau à 20°. Puis elle se ravise : c'est entrer dans l'eau qui est difficile, après ça va. Vous êtes allé au lac ? Non. Je suis seul dans le grand bassin. Je nage. Sans combi. C'est frais, en effet, alors je m'évertue à nager vite et ressors de l'eau tout fier de mon exploi. Personne ne m'a vu. La dame de la piscine, plus rien ne l'impressionne, de toute façon.
25.05.24
Printemps humide : ça pousse à tout va et ça énerve les aplatisseurs de nature (mais le robot veille, le gazon sera tondu, coûte que coûte).
22.05.24
"Les gens n'ont plus envie d'entendre parler du réchauffement climatique." Un problème se pose : quelle est la solution ? Cesser de parler du problème et attendre un miracle : la réalité, il suffirait de ne pas la dire, elle disparaîtrait toute seule, sans que les gens soient perturbés dans leur petite vie (grande est la tentation d'ajouter "de merde"), alors que la seule solution au problème consiste justement à changer de mode de vie et à dire et redire, preuve à l'appui, qu'il est urgent de prendre au sérieux le réchauffement climatique et d'en tirer les conséquences logiques : tout, et tout de suite, doit être pensé en fonction de la catastrophe de notre temps afin d'atténuer un tant soit peu ses conséquences (mais non, les gens ne veulent pas entendre cela, alors ne les dérangeons pas, laissons-les patauger dans le déni, laissons-les poursuivre le saccage de leur propre planète, laissons-les achever le suicide de l'espèce humaine, sauf que si on les laisse faire, nous aussi, les courageux qui osons essayer de regarder la vérité en face, nous crèverons, mais au moins nous les aurons prévenus et nous aurons tenté, sans espoir mais avec responsabilité, d'ouvrir leurs oreilles bouchées).
21.05.24
La paulinerie du jour : eugénisme (euphémisme).
20.05.24
Les jours d'entre, jours d'après qui lentement se transforment en jour d'avant.
Retrouvé la jeune fille aux poules (et ce halo : mes grands-parents dans la cuisine en bas, l'écrivain public, le chausson à crayons, le goût des beignets aux pommes).

18.05.24
Tu commences, tout haut, à faire des théories, tu parles comme si tu parlais à des gens, tu vois bien qui, les deux collègues avec qui tu as mangé jeudi au Popu, tu t'inquiètes avec elles (quand tu te parles tout seul, elles sont d'accord avec toi, forcément, et dans la vraie vie, elles le seraient aussi, tu penses) de la fragilité psychique des jeunes, tu dis deux poids deux mesures, tu n'es plus au Popu, tu es sur ta terrasse, tu pourrais organiser un souper, une grillard, un apéro des profs de français, elles diraient bonne idée, regarderaient leur agenda, on aurait de la peine à trouver une date mais oui, l'idée est bonne, elles te diraient, mais il y a les enfants, les abeilles, la vie, tu comprends, et je dis oui, je comprends, mais je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens n'ont jamais le temps.
16.05.24
Les doigts écartés deux par deux : je n'y arrive pas. Pourtant clarinettiste (mais la technique, la technique, la technique, me serine-t-elle).
15.05.24
Ciel noir. Soudain la pluie. Le temps d'une marche, le temps d'un pantalon trempé, le temps de chaussures traversées, entre le boulot et la gare. Je m'assieds dans le train, il cesse de pleuvoir.
13.05.24
Ces jours qui n'ont qu'un rêve : devenir nuit.
Ces jours où tu calcules quand aller au lit (le plus tôt possible mais demain le réveil, au milieu de la nuit).
12.05.24
L'écriture d'après-giron, forcément un peu lourde de musique et d'alcools (des banalités : on n'a plus vingt ans).
8.05.24
Le beau parleur parle, il parle beau, il n'est beau que quand il parle, alors il parle sans s'arrêter, mais sa parole s'use ; il devient vieux beau parleur.
6.05.24
Ce rêve bleu (une chanson pour dormir) (pourquoi bleu ?).
5.05.24
Il y a les gens qui parlent et il y a les gens qui écoutent ; il y a les gens qui s'écoutent parler et ceux qui se parlent en écoutant les autres parler.
2.05.24
Écrire après le bain, le soir, nonchalamment, brièvement, lentement. Puis renoncer, sans regret.
3.05.24
En attendant l'été, laisser le temps couler (un oiseau a passé, un nuage assombrit la terre, j'écoute du reggae).
Dans la gorge souvent ce besoin de chanter.
Dans la tête des airs grivois (le corps ne suit pas).
1.05.24
Des mômes sonnent : ils veulent chanter, je cherche la monnaie. Ô nuit brillante, brâment-ils. C'est Noël le 1er mai. Et plus personne n'a de monnaie (de la graille, on disait, encore un mot qui meurt).
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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