Champ labouré - premières pousses timides
- Vincent Francey

On me pousse à traquer le printemps, mais c’est trop tôt. J’erre néanmoins à travers champs, ne trouvant que bien peu de champs labourés. Les techniques agricoles évoluent. On ne tourne plus autant la terre qu’auparavant, on laisse des pousses pas si timides que cela perdurer pendant l’hiver. Aucun champ du village n’est labouré, il faut donc que je m’aventure en terre étrangère, que je franchisse le Rubicon, que l’on appelle ici l’Arbogne, et que je constate que si dans le canton de Fribourg on a abandonné la charrue pour lui préférer la herse, ce n’est pas le cas dans le canton de Vaud. À peine me voici en terre (le mot ici a tout son sens) protestante que je me retrouve face à d’immenses champs tout ce qu’il y a de plus labourés. Problème : les pousses timides, éradiquées par les socs, sauf tout au bord des labours. Je m’accroupis. Ce brin d’herbe isolé, c’est la timidité même, mais c’est aussi la certitude que le printemps est proche.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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