10.05.24
- Vincent Francey

Je prends le chemin de la cantine. Ce n’est pas encore un chemin de copeaux, mais ça commence à sentir le giron. La casquette est déjà sur soif, mais la fête ne bat pas encore son plein. La foule se prépare à envahir les lieux. Le ciel efface ses derniers nuages. Le temps sera radieux, on aura chaud, il faudra se désaltérer et il est donc bien de procéder à un petit tour du propriétaire pendant qu’on est encore à jeun. Ce chemin qui semble mener à la cantine n’est pas le bon, sauf pour le ravitaillement. C’est de l’autre côté de la palissade que ça se passe, là où l’herbe ne pousse plus, là où la tonnelle se devine, et le caveau, et le bar, et ces longs pissoirs où l’on se raconte avec une élocution pâteuse je ne sais quoi mais qu’il faut fréquenter souvent quand on a la vessie fragile. Je suis donc au seuil du giron, dans cette excitation de l’avant-nouba, encore frais et dispo, n’ayant été au concours des solistes qu’auditeur coincé dans la chaleur d’une salle de classe bourrée de parents fiers ou dépités venus soutenir des gamins courageux qui tapent du pied et essaient de souffler dans leur instrument pendant qu’une pauvre pianiste tente de les suivre ou de rattraper leurs couacs et leurs égarements.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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