Blog suisse de littérature

11.05.24

  • Vincent Francey

Place de la gare, soit les gens courent soit les gens traînassent. Les gens qui courent ne supportent pas les gens qui traînassent, qui leur rendent la pareille. Comme je sais qu’il est trop tard pour choper le train de dix-sept, je traînasse, mais pas trop, de peur d’être catalogué racaille par les bien-pensants qui passent en coup de vent. Place de la gare, celle qui traînasse le plus, c’est l’hydrante. Elle attend patiemment qu’un incendie se déclanche mais il y a beau y avoir de la racaille, c’est de la gentille racaille qui ne fout pas le feu, préférant boire quelques bières devant le kiosque ou chez la fleuriste et traînasser, simplement traînasser et rien d’autre, du moins à ces heures-ci, parce que la nuit, bien sûr, c’est une autre paire de manche. Que se passe-t-il quand le Burger King est fermé, que les derniers contrôleurs sont au lit et que le soleil a cédé sa place à une nuit pleine de menaces ? Je l’ignore. Je ne fréquente les gares que pour prendre des trains. Sans doute, parce qu’on est à Fribourg, ne se passe-t-il pas grand-chose, en tout cas beaucoup moins que se l’imagine cette dame avec son sac bleu qui a un peu peur mais ça pourrait être pire, il suffit d’avancer vite sans regarder.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.