10.07.24
- Vincent Francey

Les jeunes des cités seraient les premières victimes des notions de réputation, lis-je, alors que je croyais que la mauvaise réputation, c’était au village que ça se passait, me préparant, dans ma cambrousse fribourgeoise, à ne voir ne pas se ruer sur moi au moindre faux pas que quelques culs-de-jatte et deux ou trois manchots en retard d’un couplet. Le problème n’est bien sûr pas aussi anodin que cela. Le personnage de Brassens se fichait pas mal de sa réputation, alors que les jeunes des cités y voient le moyen de se dépétrer de la mouise dans laquelle ils se trouvent. Tu as mauvaise réputation ? Tu crèves. Si tu es une gamine de quatorze ans et que tu dis non, tu es finie, on raconte n’importe quoi sur toi, on te filme, on te viole, on te tue. J’exagère ? Certes, ce n’est pas partout et toujours ainsi, mais les faits sont là : on tue encore pour des questions de réputation. On joue les Cid de banlieue pour l’honneur d’une sœur qui aurait, horreur absolue, échangé avec un jeune homme sur des sujets relatifs avec la sexualité. Rage, désespoir, infamie. Et pendant ce temps-là, à Moscou, un patriarche radote que l’Occident a sombré dans le satanisme.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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