1.04.24
- Vincent Francey

Je m’accroche aux grilles sous la grue qui déchire les nuages. C’est coffré, c’est prêt. Bientôt s’érigera ici un immeuble, mais il faut faire preuve de patience, laisser le béton sécher, aplanir les dalles, monter les murs, dépasser les toits de tuile, conquérir le ciel. La grue bientôt posera la dernière brique. On rangera les bidons, on balaiera les cailloux, on ramassera les planches qui trainent. Je ne vois que fers à béton et formes géométriques, que folie des grandeurs, construire, construire, encore construire des tours de Babel éternelles. Le ciel pourtant reste gris, pollué par les matières de la terre, les métaux, les pierres concassées, les hommes qui construisent leur effondrement en croyant bâtir leurs maisons. Tout est à l’état brut, en vrac, tout mais surtout nos têtes qui ressemblent à ces grilles qui voilent l’horizon. Existe-t-il encore, de l’autre côté des chantiers, des montagnes ? C’était une promenade, un jour de Pâques. Les enfants s’étaient amusés à la place de jeux. Il y aura ici bientôt d’autres enfants, emprisonnés dans le gris. Ils auront parfois le droit de sortir, pour aller voir l’arbre. On leur dira que jadis, des arbres, il y en avait plein et qu’on appelait ça des forêts. Ils auront de la peine à le croire.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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