31.03.24
- Vincent Francey

Les pieds sur le pouf, je contemple mes chaussettes dans le noir du tissu. Certes, il y a quelque chose sur l’écran mais il faut de temps en temps se sevrer des écrans pour se regarder les pieds. Les chaussons de chez Birkenstock sont à la fois solides et confortables. Il durent des années. Je les ai d’ailleurs un an plus tard toujours aux pieds. Le jeans, lui, se détériore plus rapidement. Il se déchire toujours par le derrière ou l’entre-jambe, ce qui accélère son obsolescence, étant donné que ça se voit plus qu’un trou dans la chaussette. Me voici donc assis dans mon fauteuil à oreilles à contempler mes pieds. Tout est calme. Je suis à l’abri. Le monde hurle au loin mais moi, je me concentre sur mes extrémités. Les naufragés du Wager sont posés sur la table. Ils attendent que je les lise mais j’ai le temps. J’ai d’abord des pieds à zyeuter. Sur la table, il y a aussi le marquis de Carabas. Ses bottes ne valent pas mes Birkenstock. Mais le plus solide, ce sont mes os, cachés sous les jeans, mes os que convoite Temperance, regrettant amèrement que je ne sois pas encore un squelette. Booth tente en vain de l’intéresser aux vivants plutôt qu’aux morts, mais elle rêve de mes os : t’as de beaux os, tu sais.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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