12.05.24
- Vincent Francey

Naviguer sur une mer de copeaux sous un ciel sans nuage et sous des ampoules éteintes avec pour toute boussole ces parasols Cardinal, seuls îlots d’ombre dans le cagnard, voilà l’image parfaite d’un bonheur nommé giron. J’avance lentement vers la cascade et vers les tréteaux d’où des sons cuivrés et légèrements boisés m’appellent, mais ce qui m’attire, ce sont ces tables où s’asseoir en boire une tout en discutant les résultats du matin, les gros tubes qui dominent les petits sifflets, la justesse approximative dans la partie lente, les traits qu’on a ripés. J’écoute les experts, un peu sonné par ce soleil de plomb qui mouille ma chemise. Je regarde au loin, vers la tonnelle, s’il n’y aurait pas d’autres uniformes orange ou d’autres robes rouges dans lesquelles des demoiselles d’honneur esseulées m’attendent avec une impatience qui n’a d’égale que ma soif, car dans l’univers du giron il fait sinon toujours beau du moins toujours soif, même si là, ce ciel bleu de fin d’après-midi incite à déboutonner illico sa chemise et à se jeter nu sous la cascade, même si ce n’est pas permis et qu’il faut savoir rester digne encore une heure ou deux, le temps que la nuit tombe avec les tabous du jour.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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