12.10.24
- Vincent Francey

L’arbre enfermé dans la cour voudrait bien suivre le cours. Il jaunit de désir et observe mes élèves d’une façon bien trop insistante pour que je ne cède pas à la tentation de baisser le store pour qu’ils puissent se concentrer uniquement sur l’avancée de leur TIP. À ces heures tardives, dans les clases d’en face, les chaises sont montées. Il semble cependant, et cela me rassure, que dans le bâtiment C, quelqu’un travaille encore, qu’une poignée d’adolescents fatigués s’ennuient presque autant que ceux qui me font face et qui attendent depuis déjà plusieurs heures avec une impatience de moins en moins dissimulée la sonnerie de dix-sept heures trente-cinq. Bientôt viendront les premières sollicitations, les monsieur on peut partir on a bien bossé aujourd’hui de toute façon le doyen est rentré depuis longtemps et lui il nous laisse partir plus tôt alors vous ne risquez rien allez cinq minutes avant la fin on ne demande pas plus. Je reste inflexible, quoique tenté de céder. C’est l’automne, les arbres commencent, par le bal de leurs couleurs, à m’attirer moi aussi hors les murs, mais je dois montrer l’exemple et en face il n’y a pas encore de mouvement ; pas question de perdre la face devant l’ennemi.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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