13.10.24
- Vincent Francey

Les livres parlent entre eux. Que se disent-ils entre eux qu’ils ne me disent pas ? Que raconte Merlin à Albert Camus ? Quelles moulures Rabelais envoie-t-il à Corneille et Racine ? Quel étrange dialogue se noue-t-il entre La maison des feuilles et Les lionnes ? Leurs échanges tortueux sont-ils parasités par les délires complotistes de Dan Brown ? Je l’ignore, mais me rapprochant des rayons, je crains de déranger, de couper la parole, de tuer dans l’œuf des chefs-d’œuvre en gestation. Les livres pourtant naviguent. Il ne faut pas qu’ils restent trop longtemps coincés au même endroit. Il faut qu’ils prennent le large, qu’ils disparaissent, qu’on les retrouve à l’autre bout du monde ou de l’étagère, s’acoquinant avec des lectrices improbables et des bouquins avec qui je n'aurais jamais osé les mettre en relation. Le gros Rabelais, parce qu’il en avait marre des classiques pisse-froids à côté desquels le classement chronologique l’avait collé, est descendu de deux étages pour se jeter dans le lit d’Annie Ernaux qui aurait préféré un bon petit espion russe genre Boulgakov plutôt qu’un médecin tourangeau, mais pour l’instant elle se blottit entre beaux les romans de Jean Echenoz et Jean-Paul Goux.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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