12.12.24
- Vincent Francey

Charlie sur mes genoux ne me fait pas toujours rire. Cela raconte le travail dans les Chantiers, les navals, ceux de Saint-Nazaire, renommés certes mais producteurs de misère, les ouvriers du monde entier devenant variable d’ajustement, me raconte une syndicaliste désespérée. Les dessins montrent cela sobrement. Il n’est pas question de prendre ce déclin à la légère, si tant est qu’il s’agisse d’un déclin. Les ouvriers, on les abandonne. On les oublie. On ne pense plus qu’ils sont humains. On ne l’a jamais vraiment pensé. Ils viennent de Pologne, du Portugal, du Pakistan ou d’autres pays qui commencent par P mais qu’on ne connaît pas, des Paraguayens, des Portoricains, des Philippins, des Papous ou pire, des Palestiniens qui ne sont même pas des gens qui ont un pays. Toute la misère du monde s’est donné rendez-vous aux Chantiers mais il n’y a pas grand-chose à faire, des petits boulots, de quoi s’occuper quelques heures en attendant de rentrer dormir, si on a un endroit pour ça, et en attendant d’avoir assez d’argent pour faire venir la famille, un jour peut-être, qui sait ? J’ai oublié les détails de ce que disait Charlie sur ces ouvriers. J’ai lu l’article puis j’ai fermé les yeux.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment