11.12.24
- Vincent Francey

Michel de Montaigne me regarde dans les yeux. Ils me toise de sa fraise et de sa calvitie. Je résiste à la tentation d’ouvrir le livre, résistance évidemment provisoire, tant Les Essais sont un bouquin qu’on ne ferme jamais tout à fait. Il y a toujours un passage qu’on a envie de relire, une pensée qu’on n'a pas saisie, qui s’est envolée mais qu’on ne perd pas l’espoir de comprendre, une page qu’on rêve de se remettre dans l’oreille. J’ai découvert jadis ce livre sans le prendre par le début, comme il se doit. Cela s’appelait De la vanité et cela commençait ainsi (il va falloir qu’une fois de plus je rouvre cette EDITION NOUVELLE trouvée après le décès de l’Auteur, revue et augmentée par lui d’un tiers plus qu’aux précédentes Impressions, à Paris, chez ABEL L’ANGELIER, au premier pilier de la grande salle du Palais, MDXCV) : « Il n’en est à l’aventure aucune plus expresse, que d’en écrire si vainement. » Montaigne écrit sur la vanité parce qu’il est vain d’écrire sur la vanité, et j’écris sur Montaigne parce qu’il est vain d’écrire sur Montaigne. Pourtant nous écrivons et, puisque l’écriture gambade et se lamente, je pense à madame de Reyff, à sa mort tragique, but ou bout de la vie ?
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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