14.02.24
- Vincent Francey

Je suis à la recherche de Guy de Maupassant mais les noms sur les pierres s’effacent. Il est caché quelque part au fond du cimetière Montparnasse et la pierre la plus au fond c’est la tour du même nom. Une clochette soudain retentit. Un homme à vélo fait le tour des sépultures, rappelant les vivants à la vie. On ferme. Dépêchez-vous de sortir. Nous sommes quelques-uns, que la mort avait coupés du temps, à nous retrouver devant une porte dérobée. Pas question pour nous de passer la nuit avec eux. Eux : les morts aimés. J’ai salué sans déposer de stylo Marguerite Duras, ai croisé Julio Cortázar, Robert Desnos, Samuel Becket, Serge Gainsbourg, Tristan Tzara, Charles Baudelaire (à deux reprises, comme certains de ses écrits, la tombe en vers et la tombe en prose, celle du beau-père), mais Guy de Maupassant reste introuvable. Peut-être est-il l’un de ces touristes comme moi qui s’apprêtent à retrouver la ville réelle, à déambuler dans le quartier des crêperies, à faire la queue devant le théâtre de la Gaieté, à rire. Mais les morts préfèrent rester entre eux, la nuit, avec les animaux. Ils s’échangent les cercueils, rêvant que le tombeau du voisin est, à l’inverse des vers, profond comme un divan.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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