Blog suisse de littérature

14.12.24

  • Vincent Francey

Quand arrivent les poubelles sur leurs roulettes, c’est qu’il est tant de partir. Nous avons assez sali les lieux. Les femmes de ménage n’ont pas besoin de nous. Elles préfèrent qu’on leur fiche la paix. Je traîne encore un peu dans les couloirs mais j’ai bien compris le message. La lumière s’éteindra bientôt dans la salle des maîtres et je laisserai se jouer sans moi le bal des détritus et des sacs noirs. Voilà de trop longues heures que j’arpente cette école et que j’erre dans ce sous-sol sans avoir vu la lumière du jour. Il est temps de sortir, mais je sais que dehors il fait nuit, déjà, et qu’il fait froid, et que le sol est encore plus gris que ce sol d’école qui ressemble à un sol de prison qu’on ripoline tous les soirs pour torturer le lendemain matin de nouveaux élèves qui n’attendent qu’une chose, quitter ces classes crades et ces corridors blafards pour profiter du peu de jour qu’il reste. Les professeurs les plus consciencieux ou ceux qui ont hérité de l’horaire le plus pourri s’en vont après les élèves mais avant les femmes de ménage. Le matin, alors que la nuit n’a toujours pas daigné s'en aller, ils reviennent inlassablement au même endroit les premiers et ils profitent un peu de la propreté et du silence.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.