15.03.24
- Vincent Francey

C’est dans cette salle-ci que je leur parle d’Ionesco, Les Chaises, qu’ils lisent avec stupeur, amusement parfois, scepticisme souvent. Ils hésitent à rire, regardent si à côté ça esquisse un mouvement des lèvres, constatent qu’imiter le mois de février en se grattant la tête au fond c’est hilarant mais se demandent ensuite pour quelle étrange raison ce type devant leur fait lire des trucs pareils. Ils prennent des notes (rarement), elles prennent des notes (plus souvent) et apprennent par cœur une définition de l’absurde en faisant bien attention de ne pas mélanger Camus et Beckett et même chez Ionesco, l’absurde (il n’y en plus beaucoup qui écrivent) n'est pas équivalent dans La Cantatrice chauve et dans Rhinocéros. Cinq minutes avant la sonnerie (plus régulière que l’horloge anglaise du salon anglais des Smith et des Martin), ils commencent à plier boutique. Le type devant leur raconte qu’à Paris il y a un théâtre qui tous les soirs depuis les années 1950 donne les mêmes deux pièces d’Ionesco, La Leçon et… Les élèves de service sont déjà debout. Il manque la raclette pour le tableau, tant pis, on demandera au concierge. Et les chaises, n’oubliez pas… Ils sont déjà partis.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment