15.05.24
- Vincent Francey

Je lis cette langue alambiquée, d’une politesse qui semble excessive et désuète, avec un plaisir rare, comme si enfin quelqu’un daignait s’adresser à moi comme à ce grand seigneur que j’aspire à devenir et à qui on dit sans que cela tourne au ridicule qu’on voudrait l’avoir assez obligé pour qu’il ne refuse point ce qu’on pourrait ou voudrait lui demander. Dans un monde où tout est dû à tous, ces précautions dans la demande sonnent tellement bizarre qu’on se dit que la demande en question ne peut être que parfaitement impossible à accorder, qu’on lui demande, à ce brave seigneur Francisco, la lune, le soleil et la fille du laitier. Mais que lui demande-t-on au juste, à François ? On lui demande s’il ne s’appellerait pas en vrai Françoise et s’il ne serait pas lui aussi ou elle aussi ou ielle aussi une personne en transition ou manifestant une dysphorie de genre, les euphémismes et les façons de tourner autour du pot n’ayant pas tout à fait disparu, tant la crainte est devenue grande de ne pas user du mot correct pour définir l’identité de la personne à qui l’on s’adresse. La réponse a le mérite de la franchise : je suis femme. Est-ce pour cela que cette nouvelle est exemplaire ?
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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