16.05.24
- Vincent Francey

Il pleut sur les travaux. Je suis à l’abri derrière la vivre, les chaussures mouillées mais au chaud. Il a fallu éviter les flaques d’eau sur l’asphalte que ne protège pas encore ce toit tout neuf sur ce quai prolongé à l’infini afin que bientôt des trains d’une longueur incommensurable puissent transporter des voyageurs ravis qui pourront tous, rêvent-ils, s’asseoir et non pas s’entasser dans des wagons où ça crie et ça s’agite en continu, même s’il y a des heures, le matin, où le silence effraie, tant tous ces gens qui voyagent de conserve semblent seuls, chacun dans sa bulle rectagulaire qui lui aimante la tête qui se penche un peu plus chaque jour. J’ai toujours un livre dans le train. Je me penche un peu moins que les autres, ai-je l’impression. L’aimantation est tout aussi forte mais la tête est moins lourde, plus libre de se relever de temps en temps pour regarder si le train va partir ou si la pluie n’aurait pas par hasard enfin cessé, mais ces gouttes sur la fenêtre et ce bout de ciel chargé ne me donnent que peu d’espoir, alors ma tête se penche elle aussi, un peu, et pénètre en d’autres lieux, plus ensoleillés, moins bouleversés par ces sempiternels travaux dont on prétend qu’ils amélioreront nos vies un jour, plus tard.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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