15.06.24
- Vincent Francey

Ils le redoutent comme la peste et comme Camus, ce texte. Ils ont peur de ne pas voir l’ironie et de tout lire au premier degré, même s’ils savent, quelques-uns d’entre eux, que Voltaire écrit des choses mais pense leur contraire, ce qui les perturbe beaucoup, parce qu’on leur a appris à dire ce qu’ils pensent, à l’écrire en commentaire, à le gueuler sur les réseaux, mais ce type de la Renaissance, à moins que ce ne soit des Lumières, ils confondent toujours, écrit des trucs pour dire exactement le contraire. Je leur demande ce qu’ils pensent du portrait de Cunégonde, fraîche, grasse, appétissante. Ils se demandent si c’est un piège, trouvent que ce n’est pas très metoo compatible, mais attention aux anachronismes, est-ce que vous ne pourriez pas poser une autre question ? Je leur demande de me définir ce qu’est la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Ils se décomposent. Je soupire. L’expert est à deux doigts de pleurer. Je simplifie : pensez-vous que les nez ont été faits pour porter des lunettes ? Bien sûr que non. Alors ? Alors rien, on a beau leur plonger le nez dedans, ils ne voient rien. Mieux vaut les chasser du meilleur des examens possibles à grands coups de pied dans le derrière.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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