16.08.24
- Vincent Francey

J’entre dans le corridor. Le tapis m’ordonne de sourire et sur l’étagère des boîtes de pâté pour chat me font de l’œil, me suggérant perfidement qu’elles sont meilleures que la bouffe pour humains qu’on trouve dans les supermarchés. La périlleuse traversée peut commencer. Il faut éviter de salir les catelles avec mes chaussures crottées parce qu’on vient de récurer et que la porte est entrouverte sur celle qui vient de se casser le dos pour que tout soit en ordre et qui en entendant mes pas sur le sol souillé risque de débouler avec le tape-tapis pour me fouetter. Marchons donc pieds nus et évitons d’aller trop loin, des fois qu’au fond de la poussette dorme le bébé, abandonné là par des parents irresponsables. C’est sans bruit, les chaussures à la main, que je passe la première épreuve. La deuxième consiste à ouvrir le buffet et à y caser les godasses à la bonne place ou a minima à les pousser assez au fond pour pouvoir refermer la porte. Ensuite, il ne reste plus qu’à monter les escaliers jusqu’en haut et à ouvrir mon appartement avec la bonne clé que je dois enfoncer dans la serrure du premier coup alors que j’ai oublié d’allumer la lumière, et tourner dans le sens adéquat.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment