17.08.24
- Vincent Francey

Ce pauvre ballon est retombé à l’eau. Il n’est pas passé par le filet, n’a pas renversé la table, ne s’est pas coincé dans le grillage, n’a pas dévasté les passiflores, n’a pas fait s’effondrer le hangar, n’a pas touché le ciel. Je l’ai lancé avec trop peu de vigueur et de précision pour qu’il ne se retrouve pas à nouveau dans la piscine. Il faut maintenant que je nage jusqu’à lui pour réessayer de le faire passer comme un chameau par le trou d’une aiguille et que je le récupère une fois encore dans l’eau ou sur les planches, jusqu’à ce que je me lasse de ce petit jeu ennuyeux si on le joue seul. Personne aujourd’hui n’a daigné m’accompagner dans ma baignade. Il fait pourtant beau. Des rayons de soleil se reflètent sur l’eau, qui est bonne, venez, ça vaut le coup, venez tous, on jouera au basket ou simplement à se lancer le ballon, on fera des exercices d’aquagym, on lancera les gamins le plus haut possible pendant qu’ils chanteront inlassablement la pêche aux moules, on fera un tourbillon, un typhon, une tempête, un ouragan, on s’agitera tant dans l’eau qu’il n’en restera plus, nous aurons vidé la piscine rien qu’en nous amusant, mais pour l’instant, je dois aller récupérer ce pauvre ballon solitaire.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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