Blog suisse de littérature

18.02.24

  • Vincent Francey

Je tente de mettre Pierre Bourdieu en boîte mais Pierre Bourdieu est méfiant comme un sociologue. J’essaie de le réduire à un URL, à le coder, mais lui décode sans cesse, il démonte les mécanismes médiatiques de l’intérieur pour mieux en sortir et le voilà sorti de la boîte, hors de contrôle, dissertant librement devant un auditoire conquis. L’écran ne parvient pas à le mettre en case. J’essaie, pourtant. Je lis. Je dis. Je résume : capital culturel, capital économique, capital scolaire, habitus. Je récite mais est-ce que je saisis ? Je parle, je mets en case. Il fait de même, l’a fait avant moi. Je précise la date : 2024. Il est mort mais il parle encore. Il dit pis que pendre des médias mais il les sature, il est partout, il dénonce des mécanismes de domination dont il est un rouage, il est un dominant qui parle au nom des dominés mais parlant en leur nom il parle à leur place, mais c’est  moi qui comprend sa démarche ainsi, alors que je n’ai pas eu le courage de me plonger dans la complexité de Pierre Bourdieu, qui, par sa complexité même se rend précieux, c’est-à-dire dominant, et c’est le serpent qui se mord la queue. On ne peut désormais citer Bourdieu qu’en se la pétant grave.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.