19.02.24
- Vincent Francey

Mon cœur est lassé du romantisme, mais mon esprit y est sensible, ou peut-être est-ce le contraire, le cœur sensible et l’esprit lassé. Je tente de renouveler mon cours en quittant le lac pour le vallon, mais Lamartine reste Lamartine et si l’âme du romantisme semble s’y épanouir dans sa plus grande pureté, c’est une âme qui m’ennuie. Tous les clichés y passent comme le temps qui hélas fuit trop vite sur nos amours disparues que seule la solitude au cœur de la Nature console et patati et patata, vas-y Alphonse, lâche-toi, vautre-toi dans le miel et la jonquille, mais sans moi, je te quitte pour de plus chatoyantes contrées. Il me faudra bientôt redonner ce cours et si certes on peut toujours se rabattre sur Victor Hugo, d’autres poètes pourraient prendre la place du mièvre Lamartine, mais qui ? Musset, c’est encore pire ; Nerval, mes élèves me regarderont avec des yeux écarquillés ; Vigny, je ne sais rien sur lui, à part cette histoire d’un loup qui meurt et ces interminables débats entre pragmatiques bergers et romantiques défenseurs de la bête sauvage. L’esprit du romantisme, ce « livre de mon cœur à toute page écrit », tourne hélas si souvent à l’esprit radotant et au lieu commun.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment