20.02.24
- Vincent Francey

Chaussons usés que j’ai encore aux pieds, training informe avec eau à la cave, coussin qui perd ses plumes et pull qui perd ses poils, je repose mes pieds nus dans le calme blanc de mon chez moi. Petit à petit, je sens comme un balancement et me revient le souvenir d’une balançoire jadis accrochée à ces deux crochets restés plantés au plafond pour me rappeler que c’est là aussi que j’ai passé mon enfance, même si ces deux crochets, ce n’était pas de mon temps. Ici, où je me vautre, les crochets s’appelaient des esses et portaient des jambons, car ici, c’était la cheminée, la borne, la suie, l’appétit que l’odeur du salé et du fumé provoque, même si la choucroute d’hier soir pèse encore sur mon estomac. Je me repose, fixe la poignée ronde de l’armoire murale, tente de faire la liste de ce qu’elle renferme mais ce balancement qui me berce me sussure des vers de Rimbaud où il est question d’un buffet et d’un fouillis de vieilles vieilleries. Dans mon armoire, il y a des enveloppes, un aspirateur, une épée, des bougies, un dessin de truie allaitant ses petits, une boîte de crayons couleur, mais peut-être ai-je dans l’esprit le contenu ancien de cette armoire, celui du temps de la borne.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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