19.10.24
- Vincent Francey

J’aime jouer les adagios. Ça me rassure, m’apaise, les notes ont le temps de vivre, les crescendos de se développer, les decrescendos de mourir lentement, sans souffrance dans les oreilles et les doigts. De temps en temps, pour réveiller l’esprit, des triples croches viennent surprendre le musicien qui s’endormait. Je ne dois pas oublier d’avancer, même si c’est lent, mais je ne dois pas non plus me précipiter sur la mesure suivante en escamotant les silences. Tout devient plus facile quand nous sommes deux. La respiration de l’autre, cette clarinette deux qui soutient de sa solidité douce la peureuse clarinette une, se fond dans la respiration de l’une. Un duo, ce sont ne sont pas deux individus qui soufflent dans deux instruments ; ce sont deux âmes (si l’âme, c’est le souffle) qui jouent à n’en devenir qu’une. Le jeu est complexe. Il y a beaucoup de règles à respecter : rythme, nuances, intonation et surtout pulsation. L’adagio, c’est un temps par seconde. Il s’agit de ralentir le cœur, de le calmer, de trouver à deux le même battement. Il arrive parfois que le jeu soit gagné. Deux cœurs trouvent par miracle le moyen d’harmoniser leurs musiques. Ce jeu-là en vaut la chandelle.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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