24.10.24
- Vincent Francey

Il y a de la place. On pourrait y danser. Les catelles, ça glisse un peu, mais nous sommes agiles, nous danserons sans tomber et si nous tombons ce sera sur le canapé. Je rêve. L’appartement est vide. Le panneau des cartes postales ne se garnit pas. Plus personne n’envoie de cartes postales. Je pense à Pérec et à ses deux cent quarante-trois cartes postales en couleurs véritables dont j’ignore si elle furent véritablement envoyées à Italo Calvino. J’en lis une, au hasard : On a une chambre à l’Étoile d’Or, Séances de bronzage sur la plage. Beaucoup de monde, mais très gentils. Baisers à Papie et Mamie. Et si, ces photos de dix-sept heures dix-sept, j’en faisais moi aussi des cartes postales : Je me repose dans le grand appartement vide qui n’attend que toi pour devenir salle de bal. Bisoux tout doux. À qui envoyer cela ? Quelques prénoms certes surgissent, mais plus personne n’envoyant de cartes postales, elles risquent de me prendre pour je ne sais quel pervers ahuri en manque de tendresse et d’y réfléchir à deux fois avant de me répondre que bien sûr elles arrivent tout de suite et que j’ai intérêt à leur mijoter une playlist du tonnerre pour nous déhancher en veux-tu en voilà.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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