2.02.24
- Vincent Francey

Il a plu. Le trottoir hésite entre le sec et l’humide. Le ciel évacue les derniers nuages. Je rentre à la maison mais celle-ci reste hors de portée. Il me reste à traverser, à saluer le rempailleur de chaises, à jeter un coup d’œil sur le jardin du frangin en me demandant si je n’ai pas besoin d’œufs, à saluer le colonel en retraite et les fumeuses, à traverser la route une dernière fois, hors des clous, à saluer Globule, Merlin, l’homme au scooter orange et les vaches, puis à rentrer. C’est encore l’hiver, l’herbe du talus peine à se dresser, les arbres ne bourgeonnent pas, les voisins ne jouent pas au scrabble la belle-mère face au beau-fils sur des chaises en plastique (pourtant le beau-fils, c’est le rempailleur de chaises et ce n’est pas au scrabble qu’ils jouent, je ne sais plus le nom du jeu, ils ne m’invitent pas et je ne demande pas à être invité). Les cheminées, dirait-on, ne fument pas, ou peut-être fument-elles trop, ce que je prends pour des nuages s’envolant d’elles parce qu’on a froid (mais sur la maison du frangin, je n’y crois pas, il n’aime pas quand il fait trop chaud, dix-neuf ça suffit). Je rentre. Chez moi, la température est idéale. Il faut que je presse le pas pour mieux cesser de courir.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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