3.02.24
- Vincent Francey

Encore un train qui s’en va. Je rentre. Les voies filent droit. Elles attendent des trains qui comme le mien s’en iront. Je pense à ces gens qui habitent derrière ces fenêtres et qui toute la journée regardent des trains qui s’en vont. Ils ont déplacé leur fauteuil, se sont assis, et ils regardent. Il connaissent par cœur l’horaire de chaque train et ne vont se coucher qu’une fois que le dernier train s’en est allé. Certains jours, ils se lèvent de leur fauteuil, descendent les escaliers, traversent la route, empruntent le passage sous-voie et prennent un train, la S30, train régional à destination d’Yverdon-les-Bain, à dix-sept ou à quarante-sept, prochain arrêt Givisiez. Peut-être cet homme, cette femme en face de moi est-il, est-elle, l’un ou l’une de ces voisins de la gare qui à force que voir partir des trains les prennent, pour faire comme tout le monde, comme cette masse infinie de gens qui arrivent le matin et repartent le soir ou qui partent le matin (le train pour Berne) et reviennent le soir, même si eux restent dans le sinistre immeuble qu’ils ont trouvé en face de la gare, faute de mieux, parce que personne, soyons sérieux, ne choisit de son plein gré de passer sa vie à regarder les autres s’en aller.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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