2.04.24
- Vincent Francey

J’avais lu le dernier livre de Charles Juliet, puis Charles Juliet mourut. J’avais parlé de ce livre, en avait été, comme à chaque fois, ébloui. J’avais essayé de dire ce que cette fracture fracturait en moi et ce qu’elle réparait. Ma voix tentait de rendre la simplicité d’une langue profonde. Y arrivais-je ? Peut-être. Je reprends le livre et je recopie. Mon histoire a eu sa part d’ombre, mais au bout du compte, la lumière a fini par l’emporter. Il y a eu cette femme, sa mère, morte de faim dans les geôles de Vichy. Il y a eu l’enfant qui menait les vaches au loin. Il y a eu la troupe, le rugby, la solitude, la moisson, les rencontres. Il y a eu ce jour qui m’a tant marqué. Ils ferraient leur cheval. Simplement ici donner à lire les mots de Charles Juliet, au hasard. Le déclic. Depuis trois jours, je n’ai plus que ce mot en tête. Il a pris sa voiture, est tombé en panne, s’est retrouvé le soir de Noël chez des paysans, les a écoutés. Je sens que tout va pouvoir enfin commencer. Tant de fois, cette pensée-là, la dernière de ce récit, repousser sans cesse le moment où tout commence puis se rendre compte que tout est bientôt fini. Je n’ai rencontré Charles Juliet que dans ses livres et que dans ma voix. Gratitude, j’ai retenu de lui ce titre.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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