Blog suisse de littérature

3.04.24

  • Vincent Francey

Je coupe l’ordinaire en quatre, n’ayant plus de cheveux pour. Georges Perec, lui, en avait à foison, des cheveux. Je coupe son infra-ordinaire en brindilles, en bouchons, en bibelots, que sais-je ? L’ordinaire, même infra, prend toujours des formes insoupçonnables. Il écrivait des cartes postales, fausses sans doute. Plus personne n’en écrit. Il prenait note de ce qu’il mangeait, buvait, observait sur son bureau. L’ordinaire n’avait rien de banal. Le banal n’a rien d’ordinaire. Je tente parfois de l’imiter, de prendre un cliché d’un rien et d’épuiser ce rien où les choses foisonnent. Je note : un stylo, un paquet de mouchoirs, un plumier, une agrafeuse, un cahier, une gomme dans un écrin de plastique, des enveloppes, le cable d’une souris, ma tête à triple et en infra ma tête à combien de reprises. Je compte : ma tête à treize. Et Perec, que compte-t-il ? Deux cent quarante-trois. En choisir une, au bol. Nous voici au Lavandou. C’est beau. On mange très bien. Me suis fait des tas de copains. On revient le 25. Quand il est rentré rue Vilin, que restait-il ? Un jour, il n’est plus rien resté, pas même la rue, juste ces mots : TRAVAIL = TORTURE. Un graffiti sur une palissade. Un livre.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.