2.06.24
- Vincent Francey

Gustave Flaubert écrit toujours au même. Il lui écrit incessament mais l’autre ne vient pas. L’autre, c’est Tourgueneff, mais Tourgueneff a d’autres chats à fouetter que son ami Gustave, non pas qu’il n’ait pas de plaisir à se trouver en sa compagnie mais ces sempiternelles invitations commencent à le gaver, comme le gave cette expression, mon cher vieux. Il m’arrive aussi d’écrire à des gens, toujours les mêmes ou presque, pour les inviter, et il m’arrive de craindre de me la jouer à la Flaubert, de passer mon temps à appeler au secours des gens qui me fuient ou que j’imagine me fuir alors que c’est simplement que leur vie est bien remplie et qu’ils ont rendez-vous boulevard Haussmann chez Mme Mazeline ou quelque part entre Bougival et Vuisternens-devant-Romont. On a beau perfectionner la communication, on en reste au même point : des milliards de solitudes tentent en vain de se désennuyer d’elles-mêmes et se mettent désespérément en quête d’amitié, d’amour et d’apéro. Les voilà qui écrivent frénétiquement au monde entier les mêmes mots qu’écrivait, pétri d’angoisse, Flaubert à Tourgueneff un jour de mai 1878 : À demain, n’est-ce pas ?
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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