21.06.24
- Vincent Francey

On dirait un tableau. Mieux : un dyptique. Mur de pierre et passiflore puis, séparé par une coupure verticale, chaises de piscine avec arbres sous un ciel nuageux. Un coude est entré dans le cadre, une bouteille en plastique a envahi l’œuvre, comme c’est partout le cas aujourd’hui, le plastique s’insinuant dans les moindres recoins de l’univers. Je bois un verre en compagnie de la femme au coude envahisseur et sans doute, si je ne me trompe pas sur l’indentité de celle-ci, d’une seconde femme dont le bras s’arrête au coude. Je lève moi aussi le coude, à leur santé. Elle m’a dit, la femme au bras raccourci, d’aller me servir une bière, il y en a dans le frigo du hangar avec des verres sous le linge, passe-les sous l’eau au bassin, il y a peut-être un peu de poussière. Je m’exécute puis me rassieds face à l’œuvre plus vraie que nature, alors qu’il s’agit bel et bien de la vitrine extérieure d’un bureau d’architecture qui sert également de lieu de détente aux enfants et aux beau-frères du propriétaire, que je ne saurais que trop remercier pour la mise à disposition gratuite d’un tel chef-d’œuvre aux satanés pique-assiettes que nous sommes. Levons donc notre verre à la santé des architectes.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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