21.08.24
- Vincent Francey

L’appel du bain, l’appel du ciel, je résiste. Je reste au seuil de la baignoire et je n’ouvrirai pas le velux. Je me contenterai de contempler les deux catelles ornées de forêt en imaginant de la mousse senteur de pin, résine de mélèze ou fleur d’oranger. Je ne cèderai pas : ouvrir le robinet, laisser couler l’eau, pas trop chaud, pas trop froid, ôter un à un mes vêtements et me coucher, les yeux fixés sur l’azur que voilent à peine quelques nuages passagers, dans l’eau tiède de ce bain si désiré. Pour ne pas trop m’ennuyer, je pourrais mettre un peu de musique, un concerto de Mozart, K.622, et des chansons à hurler en pleurant, avec le temps, va, tout s’en va, ou en éclatant de rire, j’aimerais bien dans ma salle de bain faire de la musique, faire de la musique, mais la baignoire restera vide, j’ai pris une vulgaire douche et il faut que je m’habille et que je file, ce sera pour une autre fois la serviette qui saute au plafond et l’adagio amorissimo quand on se dira, malgré les lois de la géométrie, qu’on tient facilement à deux dans cette baignoire, je t’assure, de toute façon, avec ta taille de guêpe, tu prends si peu de place, mais il faut vraiment que je file, au lieu de fantasmer sur un futur plus qu’hypothétique.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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